Sous le thème « Du crédit disponible à l’impact réel : une exécution budgétaire axée sur les résultats », Son Excellence le Premier ministre de la République du Burundi, Nestor Ntahontuye, a procédé au lancement officiel de l’atelier d’ouverture des crédits budgétaires pour l’exercice 2026-2027, ce 23 juillet 2026 à Bujumbura.
Réunissant les membres du Gouvernement, les responsables des institutions constitutionnelles, les secrétaires permanents, les directeurs généraux, les coordonnateurs de programmes, les responsables d’actions ainsi que les principaux cadres impliqués dans l’exécution du budget de l’État, cet atelier marque une étape déterminante dans la mise en œuvre des réformes des finances publiques engagées par le Gouvernement.

Dans son allocution d’ouverture, le Premier ministre a rappelé que cet atelier intervient dans un contexte particulier, caractérisé par l’accélération des réformes de la décentralisation, de la déconcentration des services publics et de la mise en œuvre du budget-programme, toutes orientées vers la réalisation de la Vision nationale : faire du Burundi un pays émergent en 2040 et un pays développé en 2060, sous le leadership de Son Excellence le Président de la République, le Général-Major Évariste Ndayishimiye.
Le Chef du Gouvernement a souligné que la réforme du budget-programme, amorcée depuis 2022, constitue un changement profond de paradigme dans la gestion des finances publiques. Désormais, l’objectif n’est plus uniquement de consommer les crédits budgétaires, mais de produire des résultats concrets et mesurables au bénéfice des citoyens.
« Chaque franc mobilisé doit être utilisé avec efficacité, transparence et responsabilité. Chaque franc dépensé doit générer un impact réel sur les conditions de vie de la population », a-t-il insisté.

Le Premier ministre a également mis en lumière les importantes réformes administratives engagées depuis 2023 avec la nouvelle organisation territoriale du Burundi. Le passage de 18 à 5 provinces et de 119 à 42 communes ouvre une nouvelle phase de déconcentration et de décentralisation de l’exécution budgétaire, rapprochant davantage les services publics des citoyens et renforçant le développement local.
Pour l’exercice 2026-2027, les recettes de l’État sont projetées à 6 347,21 milliards de francs burundais, contre 5 015,69 milliards l’année précédente, soit une progression de 27,5 %. Cette augmentation sera soutenue notamment par la poursuite de la digitalisation de l’administration fiscale, l’élargissement de l’assiette fiscale, la lutte contre la fraude et la contrebande ainsi que le renforcement du recouvrement des créances publiques.
Les dépenses publiques s’élèveront quant à elles à 6 732,17 milliards de francs burundais, en hausse de 25,8 % par rapport à l’exercice précédent. Le budget présente un déficit maîtrisé de 384,96 milliards de francs burundais, reflétant la volonté du Gouvernement de concilier investissements prioritaires et soutenabilité budgétaire.

Le Premier ministre a précisé que ce budget constitue un instrument stratégique de mise en œuvre du Plan National de Développement révisé 2018-2027 et qu’il est désormais structuré autour de programmes assortis d’objectifs précis, d’indicateurs de performance, de Plans Annuels de Performance (PAP) et de Rapports Annuels de Performance (RAP), afin de mesurer efficacement les résultats obtenus.

Parmi les principales innovations de cette année budgétaire figure l’entrée en vigueur du décret du 22 juillet 2026 définissant les rôles et responsabilités des différents acteurs de l’exécution budgétaire. Ce texte renforce la déconcentration de la gestion financière en instituant notamment des comptables publics provinciaux et communaux, des contrôleurs des engagements de dépenses, des régisseurs d’avances ainsi que le Fonds National d’Investissement Communal (FONIC), désormais acteur clé dans la gestion des investissements des communes.
Le Chef du Gouvernement a annoncé que trois grandes orientations guideront l’action publique au cours de cet exercice : le renforcement de la discipline budgétaire grâce à une meilleure gestion de la trésorerie, l’amélioration de la performance à travers un suivi rigoureux des indicateurs des programmes, et la responsabilisation accrue des gestionnaires publics à tous les niveaux de l’administration.
S’adressant directement aux ministres, secrétaires permanents, directeurs généraux et responsables de programmes, le Premier ministre les a appelés à assumer pleinement leurs responsabilités dans la réussite de cette réforme. Il a rappelé que la culture de la performance implique une obligation de résultats, de transparence et de redevabilité dans la gestion des ressources publiques.

Il a enfin invité l’ensemble des participants à profiter de cet atelier pour approfondir leur compréhension des nouvelles dispositions budgétaires et harmoniser leurs pratiques afin de garantir une exécution efficace du budget de l’État.
Concluant son intervention sur une note de mobilisation nationale, Son Excellence le Premier ministre a réaffirmé que la réussite de la réforme des finances publiques dépend avant tout de l’engagement de tous les acteurs.
« En conjuguant nos efforts, Turikumwe Twese Birashoboka, nous pouvons accélérer la réalisation des objectifs de développement de notre pays et concrétiser la Vision d’un Burundi émergent en 2040 et développé en 2060 », a-t-il déclaré avant d’ouvrir officiellement l’atelier d’ouverture des crédits budgétaires pour l’exercice 2026-2027.
Dans la suite de la séance, il est accordé aux participants le temps de poser des questions pour des éclaircissements éventuellement utiles


